Introduction et présentation du stade

 

Le sujet de notre TPE va donc être le stade Pierre Mauroy de Villeneuve d’Ascq dans l’économie de la région lilloise. Nous allons nous poser la question suivante :

Le Stade Pierre Mauroy est-il une bonne affaire pour la région ?

Nous étudierons donc les coûts du stade, sa gestion, son exploitation. Nous parlerons aussi de son impact économique et de ce qu’il apporte à la région lilloise, tant sur le plan culturel qu’économique.

Le Stadium Lille Métropole de Villeneuve d’Ascq étant devenu trop petit et trop cher à remettre aux normes, il fallait un nouveau stade pour le LOSC, mais aussi un nouveau cœur économique pour la région lilloise.

Le projet d’un nouveau stade à Lille était validé depuis 2005 par le conseil d’État, mais la construction de celui-ci n’a commencé qu’en 2009.

Le stade Pierre-Mauroy se situe à Villeneuve d’Ascq. Il accueille les matchs à domicile du club de football du Lille Olympique Sporting Club (LOSC), dont l’ancien Stadium était presque trois fois moins important.

Ce stade a une capacité de 49 834 places (son record d’affluence a été réalisé lors du match de football France-Jamaïque le 8 juin 2014 avec 49 626 spectateurs). Le stade espère battre son record d’affluence pour la finale de la Coupe de la Ligue du 30 mars 2019 qui se déroulera en son enceinte.

Il peut accueillir une multitude de sports : football, handball ( championnat du monde hommes 2017) ; basket-ball (championnat du monde homme 2015) ; Supercross de Paris-Bercy (épreuve de moto cross), ligues mondiales de volley-ball, rugby.

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Il est l’une des plus grandes arénas au monde et c’est également le seul stade en France avec un toit amovible : cela  limite grandement le nombre de matchs reportés à cause des intempéries durant la saison. Il accueille donc les premiers matchs officiels de football et de rugby qui se jouent dans un stade fermé sur sol français.

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Il est actuellement le 4ème plus grand stade de football français derrière le Stade de France de Saint-Denis, l’Orange Vélodrome de Marseille et le Parc OL de Lyon.

Il accueille de nombreux concerts comme : Rihanna, Bruno Mars, Stars 80 et Céline Dion.

Ce stade se situe à côté de la cité scientifique de l’Université de Lille, zones commerciales V2 et Heron Parc.

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Le stade a pris le nom de Pierre Mauroy.

C’était un homme d’état français. Il a profondément marqué la métropole lilloise. Membre du Parti Socialiste, il deviendra le ministre de François Mitterrand de 1981 à 1984. Il entamera des réformes marquées à gauche comme les 39 heures de travail hebdomadaires, la 5ème semaine de congés payés, l’abolition de la peine de mort ou encore le remboursement intégral de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). En parallèle, il fut maire de Lille de 1973 à 2001.

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Son nom a été donné au stade pour lui rendre hommage.

Construction du stade

La construction du Grand stade a débuté en 2009 et s’est terminée en août 2012 avec un retard de 4 mois sur la date initialement prévue, ce qui a permis au LOSC de disputer son premier match de la saison 2012-2013 dans son nouveau stade flambant neuf.

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Le stade en lui même aura en tout coûté 440 millions d’€, 308 millions si l’on ne compte que la part des institutions publiques : la Métropole Européenne de Lille (MEL),  l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais, le département du Nord et le Centre National pour le Développement du Sport (CNDS).

En comparaison avec d’autres stades français récents, c’est moins que le Parc OL de Lyon (480 millions)  et l’Allianz Riviera de Nice (372 millions). En comptant les ouvrages annexes, les aménagements et la part d’investissement de l’entreprise d’Elisa, filiale du groupe Eiffage, le Stade Pierre Mauroy a coûté 641 millions d’€.

Tableau des investissements

Dès sa construction, des surcoûts sont apparus dus pour l’essentiel au caractère innovant du stade qui combine une enceinte multisports de 50 000 places et une salle de concerts de 25 000 places, de l’ordre de 132 Millions € qu’Elisa estime devoir être supportés par la MEL. Cela a été l’objet d’un contentieux qui est toujours devant le tribunal administratif.

La MEL a également constaté le retard de quatre mois à la livraison du stade, assorti d’une pénalité de 4,3 M€, même si l’équipement avait fait l’objet d’une mise à disposition partielle pour les matchs du club de football dès le mois d’août.

Des tensions sont aussi apparues entre la MEL et le LOSC, club résident du Stade Pierre Mauroy. En cause, des retards de plus de 200 jours du LOSC pour le paiement de l’occupation du stade.

Le contrat de partenariat public-privé prévoyait aussi la réalisation d’ouvrages annexes au stade, comme des hôtels, des restaurants et des kiosques.

Ce programme immobilier a été ouvert dans sa totalité en décembre 2012 et les rapports annuels d’Elisa se font l’écho de « progrès » de l’activité hôtelière, mais aussi de difficultés financières notamment pour les restaurants (deux ont été mis en liquidation judiciaire en 2014, un autre en 2015) et les trois kiosques (en cessation d’activité en 2015).

Après l’inauguration du stade le 17 août 2012, il y eut beaucoup d’hésitations pour attribuer le nom du stade : fallait-il avoir recours au « naming », qui consiste à donner au stade le nom d’une marque en échange d’argent comme certains autres stades français comme l’Orange Vélodrome de Marseille ou l’Allianz Riviera de Nice ?

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Ce genre d’accord aurait eu l’avantage de rapporter de l’argent à la MEL, mais c’est finalement le nom de Pierre Mauroy qui a été choisi. Ce choix a soulevé les critiques d’une partie de la population, qui, loin de remettre en cause l’action de Pierre Mauroy pour la ville de Lille, n’a pas compris pourquoi la MEL s’est privée de l’argent qu’aurait pu rapporter un tel partenariat.

L’activité économique induite par le stade

L’affluence du stade Pierre Mauroy a bien évidemment augmenté par rapport à celle du Stadium Nord, passant de 16 971 pour la saison 2011/2012 à 40 593 pour la saison 2012/2013. L’activité du stade est centrée sur les matchs du LOSC et les autres événements sportifs comme la coupe Davis ou le Mondial de Handball. En effet, peu de concerts ont été organisés depuis 2012. Selon le rapport de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) de 2015 sur le Stade Pierre Mauroy, l’exploitation du stade est déficitaire depuis 2012 :

  • A hauteur de 6.6 M € en 2012
  • 5 M € en 2013
  • 1 M € en 2014
  • 2 M € en 2015, les activités non-commerciales comme la mise à disposition au LOSC sont elles aussi déficitaires, tout comme les activités commerciales.

La saison  de football 2012/2013, première dans le nouveau stade Pierre Mauroy pour le LOSC atteint un pourcentage d’affluence honorable de 80%. Malheureusement, c’était seulement du à l’attractivité de la nouveauté de l’enceinte, car en 2013/2014 il y aura 77% d’affluence, puis 73% en 2014/2015. C’est en 2015/2016 que l’affluence la plus basse sera atteinte avec seulement 60 % soi 30 000 places en moyenne.

Tableau affluence

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Cette année le Grand Stade attend les retombées économiques d’un grand événement sportif qui va avoir lieu dans le stade : la finale de la Coupe de la Ligue le 30 mars 2019, comme ce fut le cas pour la finale de la Coupe Davis de tennis France-Croatie en novembre 2018.

Mais le stade est aussi un formidable tremplin pour le sport dans la région lilloise.

En effet, après le Mondial de Handball de 2015 dont certains matchs de déroulaient dans le stade Pierre Mauroy, les clubs de Handball de la région ont vu leur nombre de licenciés en forte augmentation grâce à la visibilité apportée par cet événement. Mais cela a aussi dopé toute l’économie régionale : à Go Sport Euralille par exemple, les recettes ont été excellentes : « À partir des quarts, les ventes ont explosé avec une augmentation à trois chiffres 120% pour les maillots, 110% pour l’ensemble du rayon handball, 350% pour les accessoires de supporter ». Le secteur de l’hôtellerie a aussi bénéficié de « l’effet Mondial » avec plus de 90 000 nuitées réservées par les supporters venus du monde entier.

Pour booster la fréquentation du stade, la MEL a mis en place un accord avec l’entreprise Transpôle qui gère les navettes à Lille pour qu’un réseau de navettes gratuites emmène directement les spectateurs au stade. Mais ce partenariat a pris fin durant la saison 2014/2015 et la MEL l’a ensuite repris en juin 2015. En ce qui concerne le stationnement, une politique tarifaire a été instaurée pour les parkings les plus proches du grand stade afin d’inciter au covoiturage (6€ pour les abonnés du LOSC et 12€ pour les spectateurs occasionnels).

Martine Aubry, présidente de la métropole lorsque le partenariat public-privé (PPP) a été signé avec Eiffage, a toujours proclamé que le groupe de BTP « ne gagnait pas d’argent » sur ce dossier. La CRC pose des chiffres sur ce constat, estimant le surcoût du chantier à 132 millions d’euros. La somme dépasse de 45 % l’estimation du contrat (287 millions), alors que pour des chantiers similaires la moyenne des dépassements est de 7,8 %, relève la chambre. Pour l’instant, Eiffage doit supporter seul cet imprévu financier.

Mais cela pose un risque pour la pérennité de l’enceinte : une faillite d’ELISA est possible si Eiffage décide de couper les ponts, mais cette hypothèse a été écartée par Martine Aubry : «Eiffage  n’a pas intérêt, pour sa réputation  à transformer le dossier du stade en échec ».

Mais une issue plus réaliste serait l’arrêt des revenus liés aux partenariats publicitaires (le Crédit Mutuel paie notamment 1.4 millions pour afficher son nom dans le stade), ou encore une descente en Ligue 2 pour le LOSC, qui ferait chuter la contribution du club et bondir celle de la métropole, passant de 10 à 15 millions d’euros par an.

Mais la MEL est néanmoins félicitée pour avoir géré le dossier du stade avec rigueur.

Gérard Caudron, maire de Villeneuve d’Ascq, est satisfait que le stade soit implanté dans sa ville. Selon lui, le Grand Stade apporte une énorme notoriété à Villeneuve d’Ascq et à toute la région lilloise  « Je me rends compte que le nom de Villeneuve d’Ascq est assez connu. Cela date de l’époque où le LOSC jouait au Stadium. Mais le stade Pierre-Mauroy est aussi un élément déterminant dans ce rayonnement ».

Gérard Caudron a en effet toujours milité pour que le stade soit implanté dans sa ville de Villeneuve d’Ascq. Un temps envisagé à Lomme, le Stade Pierre Mauroy a été finalement décidé à Villeneuve d’Ascq. Une décision judicieuse selon Gérard Caudron : « Il avait un temps été évoqué à Lomme mais on y trouvait déjà le Kinépolis et un centre commercial. Cela aurait complètement fait basculer le centre de gravité métropolitain ».

Concernant l’impact du stade sur les commerces aux alentours, nous avons contacté le gérant d’un restaurant situé à 200 mètres du stade, le Pata’crêpe. Il a  répondu à nos questions par téléphone et nous a expliqué que son restaurant fonctionnait mieux les jours d’activité du stade, surtout les jours de concerts : sa plus grosse affluence a été réalisée le jour du concert de Céline Dion au stade Pierre Mauroy. Il trouve donc dommage que peu de concerts soient organisés dans le stade. Mais d’un point de vu général, il est satisfait de l’implantation du stade et estime que son restaurant marche mieux depuis que le stade Pierre Mauroy a été construit.

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Le stade a donc un effet plutôt bénéfique sur les commerces situés très près du stade. Mais pour ceux situés un peu plus loin, la note est plus salée.

Pour Claudine, qui a repris un bar-tabac à Lezennes en 2013 en espérant que son activité soit boostée par le stade, le stade Pierre Mauroy est un poids dont elle aimerait bien se débarrasser. La commerçante s’est rapidement rendue à l’évidence : le dispositif de filtrage mis en place aux 5 entrées de la ville trois heures avant chaque événement au stade prive le centre d’un flux précieux de consommateurs non-Lezennois : « Même pendant l’Euro 2016 de Football, je n’ai pas vu de supporters ». En effet, les 5 entrées de la ville de Lezennes sont bloquées les jours de matchs pour éviter les stationnements abusifs.

L’impact du stade sur les commerces de la région lilloise est donc plutôt mitigé, positif pour les commerçants très proches du stade et négatif pour ceux plus éloignés.

Mais le stade Pierre Mauroy permet aussi beaucoup d’économies, et ce grâce à sa dimension multi-fonctions : il peut accueillir du football, du rugby, du tennis, du handball, du basket-ball, de la moto-cross, des concerts, des salons… Cela permet à la région lilloise de ne pas avoir à construire et à gérer plusieurs enceintes pour toutes ces activités culturelles et sportives, et donc de faire de belles économies. Mais le stade a aussi un avantage dont on parle peu, c’est qu’il a un impact bénéfique sur le plan écologique.

Même si l’enceinte consomme beaucoup d’énergie, elle permet de recevoir plusieurs types d’activités dans une seule et même enceinte et donc de limiter la consommation énergétique. La cadence du métro est renforcée avant le début des matchs avec une voiture toutes les minutes qui se présentent sur le quai. A noter que sur la ligne 1 du métro, la longueur des rames est doublée pour atteindre 52 mètres. Par ailleurs, certaines lignes de bus sont renforcées les soirs de matchs.

On ne trouve pas de station V’lille libre service à proximité immédiate du Stade Pierre Mauroy mais il est tout de même très facile de s’y rendre avec son propre vélo : tout a été pensé pour guider au mieux les cyclistes et sécuriser le trajet avec notamment 15 km de pistes cyclables aménagées pour y accéder.

Le Stade Pierre Mauroy peut aussi accueillir des salons, comme le salon Jeunes d’Avenirs Hauts-de-France. Organisé par le groupe d’information professionnelle AEF, en partenariat avec Pôle emploi Hauts-de-France, ce salon est dédié aux jeunes de 16 à 25 ans non diplômés à Bac+5, en recherche de formation, d’un emploi, d’une entreprise pour leur alternance ou de conseils. Ce genre de salon est aussi bénéfique pour la région lilloise car elle permet aux jeunes de bien se renseigner pour leur orientation et donc de limiter le chômage. Chaque année, ce salon se tient donc dans le stade Pierre Mauroy, et au total plus de 40 000 visiteurs y sont allés depuis plusieurs années.index

Critiques et problèmes judiciaires

Mais le bilan du stade Pierre Mauroy est loin d’être parfait et bon nombre de critiques fusent à son sujet.

Un article de Jean Gadrey, professeur d’économie à l’Université Lille 1, dans le blog du journal Alternatives Économiques dénonce le stade Pierre Mauroy et tente de montrer qu’il est néfaste pour la région lilloise. Cet article dans Alternatives Économiques, journal d’économie plutôt orienté à gauche, rassemble à peu près tous les griefs des détracteurs du stade.10020025-GadreyJ_xlarge

Il nous dit que ce projet va peser pendant des décennies sur l’économie régionale et l’environnement. Sa critique sur l’impact environnemental du stade se doit d’être nuancée, car nous avons vu que le stade permettait de réunir beaucoup d’activités culturelles et sportives et donc à réduire la consommation qu’auraient plusieurs stades et salles de spectacles si le stade Pierre Mauroy n’existait pas.

Selon lui, il aurait été plus judicieux d’utiliser ces 300 millions d’€ dans des logements sociaux ou des projets écologiques comme des transports en commun.

Il cite aussi un sondage très intéressant datant de 2009 soit l’année du début de la construction du stade. En effet, ce sondage demandait aux habitants de la région lilloise de choisir parmi plusieurs grands projets d’aménagement pour la région, et le choix « construction ou agrandissement de nouveaux stades pour les grands clubs de football régionaux » arrivait en dernière place des préoccupations des habitants, loin derrière des questions de pollution, circulation routière, universités ou transports en commun.

Il y eut aussi cette petite phrase de Xavier Thuilot, directeur général du LOSC, qui n’a pas plus à tout le monde : « Une grande métropole doit rayonner en envoyant des signes forts à l’extérieur. Et on ne rayonnera pas avec des logements sociaux »

Il nous montre aussi que ce projet a été décidé trop rapidement, et que le budget de 308 millions d’€ est bien trop élevé. En effet, au début des années 2000, appuyée par Martine Aubry, une solution raisonnable et relativement peu coûteuse (38 millions d’euros) avait été retenue : l’agrandissement/modernisation du vieux stade Grimonprez-Jooris, dans Lille. Cela aurait permis de porter la capacité du stade à 33 000 places et donc de satisfaire les normes de l’UEFA pour les grandes compétitions européennes. « Comment en est-on arrivé à retenir un projet pharaonique au moins 10 fois plus cher ?! » s’étonne Jean Gadrey.

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Le professeur d’économie déplore aussi le gros risque pris par la MEL avec ce projet : en effet, la pérennité du stade repose sur l’hypothèse que le LOSC reste en Ligue 1 pendant des décennies. Si le LOSC venait à descendre en Ligue 2, les conséquences seraient désastreuses : il y aurait une grosse baisse d’affluence, les droits de diffusion des matchs seraient amoindris et le LOSC perdrait énormément d’argent.

Finalement, il nous parle aussi de l’absence de chauffage dont souffre l’enceinte, qui a du annuler un concert du groupe Dépêche Mode à cause d’une température de 5 degrés dans le stade.

Beaucoup de détracteurs du stade disent aussi que donner le nom Pierre Mauroy à la place d’un accord de « Naming » est d’autant plus absurde que ce dernier n’aimait pas vraiment le football. On peut par exemple retenir cette phrase de 2002 de l’ancien premier ministre à l’époque où Lille était en difficulté sportive et financière : « Avant d’avoir un grand stade, que Lille devienne un grand club ». Mais cet argument contre le Grand stade n’est pas entièrement valable car nous savons que le stade n’est pas seulement un stade de football mais une vraie enceinte multi-sports et culturelle pouvant accueillir beaucoup  de manifestations différentes.

Mais le stade Pierre Mauroy a aussi souffert de problèmes judiciaires : en effet plusieurs hauts dirigeants de la MEL comme Damien Castellain ou Henri Segard ont été mis en examen pour faux en écriture publique, favoritisme, corruption et trafic d’influence. Une affaire qui ne sert pas la popularité du Grand stade, déja très critiqué.

Lors du choix du groupe pour la construction de l’enceinte en 2008, les élus de la MEL étaient partagés entre Norpac-Bouygues et Eiffage.

Cependant il faut savoir que le devis proposé par Eiffage coûtait 108 millions d’€ de plus que celui proposé par Norpac. Un premier rapport leur donna d’ailleurs la meilleure note et prévoyait le choix de Norpac-Bouygues pour la construction du Grand stade.

Après un second rapport qui fut de manière surprenante en faveur d’Eiffage, ce fut finalement cette dernière qui fut choisie, ce qui éveilla les soupçons de Eric Darques, ancien élu de Lambersart, qui lutte maintenant activement contre la corruption dans la région. Il a porté plainte en janvier 2011 contre la MEL en tant que personne morale pour favoritisme.

Tout cela a conduit à la mise en examen le 5 avril de plusieurs personnalités pour faux en écriture publique, favoritisme, corruption et trafic d’influence passif et actif :                  Damien Castelain, actuel président de la MEL, Henri Ségard, ancien vice-président de la MEL, Michelle Demessine, ancienne présidente de la commission Grand Stade et dAlain Létard et Jean-Luc Vergin, anciens cadres du groupe Eiffage.

En cause, un voyage à Budapest pour le Grand Prix de F1 de Hongrie (qui s’est tenu en août 2010) organisé par Eiffage et auquel auraient participé Damien Castelain, alors vice-président de la Communauté urbaine de Lille, et Henri Segard, mais aussi des  cadres d’Eiffage.

Damien Castelain aurait aussi reçu des pierres bleues d’une valeur totale de 15 000 € pour sa terrasse en cadeau de la part d’Eiffage, ce qui peut être vu comme des « pots-de-vins ».

Pendant l’enquête, il a aussi été prouvé que le second rapport qui prévoyait le choix d’Eiffage au lieu de Norvac-Bouygues était « antidaté » et faux. Mais il n’a pas été considéré comme un document d’écriture publique. De fait, ce faux n’est plus considéré comme un crime mais comme un délit, et le délai de prescription pour les délits est plus réduit…

Si le Parquet admet qu’il y a bien eu des « cadeaux » d’Eiffage aux personnes mises en examen, dont M. Castelain, il estime que les preuves sont insuffisantes pour caractériser le délit de corruption et de trafic d’influence. En clair, on ne peut pas prouver que ces cadeaux ont été offert en échange des voix des élus…

C’est pourquoi le parquet a requis un non-lieu total envers Henri Ségard, Michelle Demessine, Alain Létard et Jean-Luc Vergin.

L’enquête, selon le parquet prouverait « qu’indépendamment de toute motivation pécuniaire et de toute complaisance avec le groupe Eiffage », Damien Castelain et Henri Ségard n’auraient éprouvé qu’un « authentique coup de foudre » pour le projet porté par Eiffage.

Seul Damien Castelain reste donc inquiété pour les 15 000 € de pierres bleues pour sa terrasse offertes par Eiffage.B9712498585Z.1_20170703105153_000+G619CB5BD.2-0

Toutes ces critiques et déboires judiciaires ne servent donc pas la cause du stade Pierre Mauroy, ce qui fait que les avis divergent à propos de cette enceinte.

Conclusion

Nous avons donc vu que le stade Pierre Mauroy avait un impact mitigé sur la région lilloise.

En effet même si le stade semble générer de l’activité économique, il est loin d’être parfait, comme nous le montrent ses problèmes d’affluences, ses surcoûts et le bouclage de la ville de Lezennes qui empêchent les commerçants de profiter des potentiels clients venus pour le Grand stade. Ce dernier a aussi eu un coût de plus de 300 millions pour les institutions publiques, ce qui nous permet d’avoir des attentes à la hauteur de l’investissement élevé de l’Etat et des collectivités. L’édifiant article de Jean Gadrey dans Alternatives économiques nous montre bien tous les défauts du stade : projet démesuré et risqué, pas d’écoute de la population, problèmes de chauffage…

Nous avons aussi vu que l’exploitation du stade pourrait être largement améliorée, notamment en y organisant plus de concerts, qui sont les manifestations plus bénéfiques pour la région. En effet, ils permettent d’attirer un public varié venu de toute la France.

Mais la visibilité et la réputation qu’il donne à la région lilloise ne doivent en aucun cas être occultés, ainsi que l’augmentation de fréquentations de certains types de commerces : les restaurants et les hôtels ont beaucoup profité de l’attractivité de cette nouvelle enceinte.

Il a aussi permis d’organiser des salons et le fait que ce soit une enceinte capable d’accueillir énormément de sports différents joue évidemment en sa faveur.

Finalement, le stade Pierre Mauroy a-t-il été une bonne affaire pour la région lilloise ?

Oui et non, personne ne peut dire qu’il ait été une réussite parfaite ou un échec complet. Son bilan est mitigé et les avis divergeront toujours sur le sujet. Pour nous, le stade a été bénéfique pour la région lilloise mais bon nombres de points auraient pu être améliorés.